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Gestalt & connaissance de soi

Cette petite voix qui murmure : « Et si je dérangeais ? »

Quand le saboteur intérieur transforme une absence en scénario de rejet.

Illustration d’une tasse de thé, d’une porte entrouverte et d’une petite voix intérieure.

La période des fêtes, avec ses injonctions à la joie et aux retrouvailles, est paradoxalement le moment où nos insécurités les plus discrètes reprennent le mégaphone. On ne se sent pas tout à fait à sa place, on a peur d’être « trop », d’être envahissant, ou de peser sur le rythme des autres.

Le saboteur intérieur est comme un voisin paranoïaque qui surveille par la fenêtre : il voit quelqu'un s'approcher avec un paquet et hurle qu'on nous attaque, alors que c'est juste le livreur qui apporte un cadeau. L'estime de soi, c'est apprendre à ouvrir la porte pour vérifier par soi-même, même en plein hiver.

J'aimerais vous partager une anecdote personnelle vécue récemment, qui illustre parfaitement comment notre mental peut nous couper du lien.

L'histoire : La tasse de café et le départ furtif

Ce matin-là, je me réveille chez un ami. Il m'avait proposé de rester dormir pour m'éviter de reprendre la route tard la veille — une proposition généreuse et claire. Pourtant, en descendant, la maison est silencieuse. Il est levé, je vois sa tasse de café sur la table, mais il n'est pas là.

À cet instant précis, au lieu de savourer le calme, mon système d'alerte se réveille. Mon Je Négatif (le saboteur intérieur - EGO ) s'empare du micro et commence à me raconter une histoire : « Tu vois, tu es envahissante. Il a sans doute besoin d'être seul, tu bloques son espace. Tu n'aurais pas dû rester ».

Plutôt que d'attendre son retour ou d'aller au contact, je choisis la rétroflexion : je me rétracte, je contiens mon besoin de lien et je décide de partir en lui laissant un petit mot sur la table. Je fuis pour me protéger d'un rejet que j'ai moi-même imaginé. Quelques minutes plus tard, je reçois un message : mon ami était simplement allé au marché pour m'acheter des feuilles de menthe fraîche pour mon thé. Pendant que je construisais un scénario de rejet, lui était dans un geste de bienveillance pure.

Décoder le mécanisme : Estime de soi et Mentalisation

Ce que j'ai vécu s'appelle une mentalisation erronée. J'ai décodé la situation uniquement en fonction de ma propre imagination et de mes peurs anciennes. C'est ici que l'estime de soi entre en jeu.

Souvent, nous confondons l'Estime de Soi (l'Être), qui est la valeur intrinsèque que je me donne, avec la Confiance en Soi (le Faire). Ma peur de déranger venait d'une croyance : « Je ne suis pas assez importante pour que l'on prenne soin de moi sans que je sois un fardeau ». Le saboteur utilise ces introjections (ces phrases "avalées" autrefois comme "ne dérange pas") pour nous maintenir dans une sécurité apparente qui nous isole.

Envie d'explorer cela ? Nous plongerons au cœur de ces mécanismes lors de notre CAFES-PSYCHO le 22 janvier : « Transformer le saboteur intérieur ». Nous y verrons comment stabiliser les piliers de votre estime (Amour, Image et Confiance) pour que votre valeur ne dépende plus du regard de l'autre.

( Prends ta place ici https://my.weezevent.com/cafes-psycho )

L'invitation de l'Hiver : Le Retrait Fertile

Mon départ furtif était une tentative maladroite de me mettre à l'abri. Pourtant, l'hiver nous invite précisément à une autre forme de recul : le Retrait Fertile.

Dans le cycle du contact, après l'action, vient le temps de l'assimilation et du retrait. L'hiver est l'archétype de la Grotte: un temps de gestation où, en surface, tout semble mort, mais où la sève descend dans les racines. C'est accepter le Vide Fertile : ne rien faire en apparence pour laisser l'être se régénérer en profondeur.

Au lieu de fuir mon ami par peur, j'aurais pu "habiter ma grotte" intérieure, savourer le silence de sa cuisine et faire confiance à la solidité du lien.

Comment revenir à soi aujourd'hui ?

Si vous sentez ce "cosmos" d'angoisse monter, rappelez-vous que le présent est le seul endroit où vous avez 100 % de pouvoir. Posez les pieds au sol, respirez, et demandez-vous : « Est-ce un danger réel ou une histoire que je me raconte ? ».

Prenez soin de votre vivant