Quand le corps redevient un partenaire de vie
Au-delà du véhicule : habiter son corps plutôt que lui demander seulement de fonctionner.
Au-delà du véhicule : quand le corps redevient un partenaire de vie
On a souvent l’impression que notre tête commande et que notre corps n’est qu’un véhicule censé obéir. On le nourrit, on le lave, on le soigne quand il tombe en panne, exactement comme on entretiendrait une voiture pour qu'elle continue de rouler. On lui demande de tenir, de se taire, de performer.
Pourtant, en Gestalt-thérapie, nous considérons que le corps est bien plus que cela. Dans notre approche humaniste, l'être humain est un tout indissociable : corps, cœur et esprit ne font qu'un.
Aujourd'hui, en écho au Jour 5 du Calendrier de l'Avent des Liens consacré au "petit geste de soin", j'avais envie de vous parler de l'importance vitale de remettre du mouvement dans votre vie. Pas pour la performance, mais pour la rencontre.
Sortir de la fonctionnalité pour retrouver le vivant
Si on ne bouge jamais son corps en conscience, il s'endort. Il entre dans une forme d'hivernage.
Bien sûr, il continue de fonctionner : il marche, il mange, il porte les sacs, il tape sur le clavier. Il remplit ses fonctions utilitaires. Mais il s'éloigne de sa mission première : être le réceptacle vibrant de nos émotions et de notre intuition.
En Gestalt, nous parlons du « Corps-Ça ». C'est notre disque dur interne, la mémoire vivante de notre histoire. Il contient nos sensations, nos pulsions, mais aussi la trace de tout ce que nous avons vécu et pas encore digéré.
Quand on réduit le corps à un outil de travail, on coupe le dialogue avec cette part essentielle de nous-mêmes. On se coupe de notre boussole.
Le mouvement : écoute vs performance
Je ne vous parle pas ici de sport au sens "performatif" du terme.
Notre société, et parfois notre "Je Négatif"(notre juge intérieur), nous poussent à faire du sport pour "sculpter", "brûler", "dompter" ou "corriger" le corps. C'est encore une forme d'exigence, une injonction de plus.
Ici, je vous invite à une toute autre approche, pleine de douceur et de bienveillance : le mouvement comme écoute.
Bouger, non pas pour changer votre corps, mais pour l'habiter.
- C'est s'étirer doucement le matin, non pas pour être souple, mais pour dire "Bonjour" à ses muscles.
- C'est marcher, non pas pour faire 10 000 pas, mais pour sentir le contact de la terre sous ses pieds et s'ancrer.
- C'est laisser venir un geste spontané quand une émotion monte, pour ne pas la laisser se figer à l'intérieur.
Faire dialoguer le Corps, le Cœur et l'Âme
Pourquoi cette connaissance de soi par le corps est-elle si fondamentale ?
Parce que le corps ne ment pas. Là où notre tête peut se raconter des histoires ou minimiser ce que nous vivons, le corps, lui, dit la vérité de l'instant.
En remettant du mouvement, on permet à l'énergie de circuler. On permet aux émotions (le Cœur) de ne pas stagner en tensions musculaires. On permet à notre intuition (l'Âme, ou le Je Aligné) de se faire entendre à travers nos tripes.
En Gestalt, tout le travail consiste à rassembler ces parties dispersées pour les faire dialoguer.
Quand vous bougez en conscience, vous dites à votre corps : "Tu n'es pas juste un taxi pour mon cerveau. Tu es ma maison. Tu es mon partenaire. Je t'écoute."
Votre rendez-vous douceur
Alors aujourd'hui, oubliez les "il faut" et les objectifs chiffrés.
Essayez simplement de mobiliser votre corps avec tendresse. Une rotation d'épaule, une respiration ample, une main posée sur le ventre...
Juste pour le réveiller de son hivernage. Juste pour revenir à la maison.
Votre corps est votre allié le plus fidèle. Et si, aujourd'hui, vous lui offriez un mouvement gratuit, inutile et doux, juste en guise de "Merci" ?
Pour aller plus loin dans cette écoute sensible, retrouvez l'audio du jour dans le Calendrier de l'Avent des Liens.